haras de lauture

Lauture : Le dressage, une aventure

 

Saint Hilarion, le 31.10.2009

 

Une famille qui a voulu appliquer à l'élevage sa passion pour le dressage :
Gérard et Marie-Hélène Gosselin, autour de leur fille Claire, «leur plus belle réussite d'éleveurs !»

Une jument belge, Juliska, un étalon au nom de bonbon, Karamel, une femme passionnée par l'élevage de dressage, Marie-Hélène, voici quelques éléments du puzzle Gosselin auquel on pourrait encore ajouter une famille soudée et un mari attentif, Gérard. Le tout, contre vents et marées, a bâti un petit élevage de qualité dont l'affixe, de Lauture, est brillamment emmené en compétition par Claire, la fille, « la plus belle réussite d'éleveur » des Gosselin !

Démarche originale que celle des Gosselin qui, il y a une quinzaine d'années, ont choisi d'élever des chevaux pour le dressage par passion pour cette belle discipline qu'ils pratiquaient en amateurs. On aurait pu penser qu'ils s'étaient judicieusement laissé entraîner vers un élevage aux perspectives plutôt alléchantes (peu de concurrence, les élevages de chevaux de dressage se comptant sur les doigts d'une seule main dans notre pays à l'inverse du saut d'obstacles, un marché offrant peut-être une clientèle de base au budget plus étoffé qu'en hippique pour un produit plus rare...), mais la réalité semble tout autre... Difficile pour l'éleveur amateur français de rivaliser avec des chevaux étrangers sélectionnés avec rigueur pour la discipline depuis belle lurette, résolument «à la mode » sur les rectangles nationaux et internationaux et offerts en masse aux dresseurs sur le marché français surtout depuis 2003... Difficile aussi pour lui, en l'occurrence pour elle, Marie-Hélène Bourgeois-Gosselin, d'aller très vite avec deux poulinières, en mettant à la reproduction ses meilleures pouliches avec les meilleurs étrangers pour tenter de produire en deux ou trois générations à l'identique de nos voisins européens. Au final, qu'en est-il aujourd'hui des « Lauture » et plus globalement de la réalité de l'élevage du cheval de dressage en France ?


Au royaume de Karamel

Inutile de s'enfoncer dans le bocage vendéen, de goûter aux embruns de la Bretagne ou de sillonner les petites routes des grasses prairies normandes pour trouver l'élevage de Lauture. Il suffit pour cela de prendre la direction de la région parisienne et une fois passé Rambouillet et sa vaste forêt, de continuer la départementale 906 jusqu'au petit village de Saint-Hilarion situé à une vingtaine de kilomètres du Haras national des Bréviaires. Là, après un petit coup d'oeil à la charmante église romane du XlII° siècle, il ne reste plus qu'à gagner le domaine des Gosselin situé à quelques centaines de mètres de Saint-Hilarion, au bout de deux impasses et d'une étroite voie d'accès. Parsemées autour du lieudit « Le Bois Billard », de jolies maisons résidentielles bien proprettes.

2006

Les éléments du puzzle Gosselin
une famille soudée
brillamment emmené en compétition

2007

C'est vrai que Paris n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres de là et l'on ne peut s'empêcher d'être étonné de trouver, si proche de la capitale, un élevage de chevaux avec ses belles lisses en bois ceignant devant nous un vaste pré à l'herbe haute, le tout baignant dans un calme digne de la campagne la plus profonde... La maîtresse des lieux, Marie-Hélène Gosselin, petite, vive, le cheveu poivre et sel, les yeux pétillant d'humour et de bonne humeur derrière de sages lunettes, nous accueille «Vous savez, nous avons réduit nos poulinières à deux. Je ne suis qu 'un petit éleveur de dressage. »Petit éleveur, certes, mais la réussite est là. KARAMEL DE LAUTURE, étalon maison, est le produit phare de l'élevage familial monté «par Claire, ma fille, qui est à l'ENE, a réussi son monitorat et prépare la suite », ajoute Marie-Hélène Gosselin en souriant, non sans fierté.« C'était un élevage de Trotteurs, ici, avant », explique Marie-Hélène en nous entraînant avant de nous désigner une travée de boxes à quelques pas de la maison, dans la cour intérieure. « Les anciens propriétaires ont eu un cheval qui a bien couru. Après, cela s'est gâté. Nous avons acheté en 1991. Il y avait déjà sur place une dizaine de boxes de poulinières sur environ deux hectares et demi. Nous avons agrandi le tout en achetant peu à peu les terres autour de la maison — à prix d’or ! — jusqu'à monter à dix-sept hectares.

Imprimer l'article de L'EPERON numéro 248 - Dominique REYMOND (attention temps de chargement long)

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